Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a salué une décision qui permet désormais à l’agent de retrouver ses proches.
« Le retour de notre compatriote en France, auprès de ses proches, est un soulagement pour le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères comme pour l’ensemble de ses collègues », a indiqué le ministère dans un communiqué.
Yann Vézilier avait été condamné à 20 ans de prison
Officiellement affecté à l’ambassade de France à Bamako, Yann Vézilier avait été arrêté le 13 août 2025 avec plusieurs officiers des forces armées maliennes lors d’une opération menée par les services de renseignement du Mali.
Les autorités de la transition l’accusaient notamment de « conspiration contre les institutions » et d’atteinte à la sûreté de l’État. Il avait finalement été condamné à vingt ans de prison en juin.
Depuis le début de cette affaire, Paris avait rejeté les accusations portées contre son ressortissant, les qualifiant à plusieurs reprises de « sans fondement ».
En juin, le ministère français des Affaires étrangères avait notamment affirmé que Yann Vézilier « menait à bien une mission de coopération sécuritaire et en aucun cas la France n’a participé, directement ou indirectement, à la déstabilisation du Mali ».
Une libération dans un contexte de fortes tensions
L’arrestation de l’agent français avait encore aggravé les relations déjà très tendues entre Paris et Bamako. En septembre 2025, la France avait notamment suspendu sa coopération antiterroriste avec le Mali et demandé à deux diplomates maliens de quitter son territoire.
La grâce accordée par le chef de la junte, Assimi Goïta, intervient alors que le pouvoir malien fait face à une situation sécuritaire particulièrement difficile, notamment dans le nord du pays.
Depuis fin avril, une offensive menée par une coalition de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et d’indépendantistes touaregs a permis à ces mouvements d’accroître leur emprise sur plusieurs territoires.
De son côté, le gouvernement malien a tenu à préciser que la grâce ne remettait pas en cause la condamnation prononcée contre l’agent français.
Cette mesure « ne remet pas en cause les faits établis par un jugement contradictoire rendu au cours d’un procès », a affirmé Bamako, qui maintient que Yann Vézilier a été « jugé et condamné à la suite d’un procès équitable ».
La libération de l’agent français pourrait néanmoins ouvrir une nouvelle séquence dans les relations, particulièrement dégradées, entre Paris et les autorités maliennes.

