Selon les autorités, un groupe de soldats mutins serait à l’origine de ces violences. Les militaires concernés auraient notamment retenu certains de leurs camarades au sein de la base militaire 101 de Niamey et ouvert le feu sur plusieurs sites considérés comme sensibles dans la capitale.
Dans un communiqué diffusé à la télévision publique nigérienne, le ministre de la Défense, le général Salifou Mody, a confirmé l’incident et assuré que les forces de défense et de sécurité étaient intervenues rapidement.
« Un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire a entrepris de séquestrer certains de leurs camarades dans la caserne de la base 101 de Niamey et d’effectuer des tirs sur certains sites sensibles de la ville de Niamey », a déclaré le ministre.
Le général Salifou Mody a ensuite affirmé que la réaction des forces de défense et de sécurité avait permis de contenir le mouvement.
« La prompte réaction des forces de défense et de sécurité a permis de circonscrire ce mouvement d’humeur et de reprendre progressivement le contrôle de ces sites », a-t-il ajouté.
Les autorités nigériennes ont par ailleurs appelé la population à ne pas céder à la panique malgré la situation.
« La population est invitée à garder son calme et à vaquer librement à ses occupations », a indiqué le ministre de la Défense.
Des tirs nourris ont été entendus depuis le milieu de la nuit dans plusieurs secteurs de Niamey. Des zones situées à proximité de la présidence ainsi que de l’aéroport international Diori-Hamani, voisin de la base militaire 101, ont notamment été concernées.
Cette base représente un point stratégique majeur pour le régime militaire installé au pouvoir depuis le coup d’État de juillet 2023.
L’aéroport international de Niamey et ses environs ont déjà été la cible de plusieurs attaques cette année. Dans la nuit du 28 au 29 janvier, des combattants liés à l’organisation Etat islamique avaient visé la zone. Une nouvelle attaque avait également été menée le 18 juin par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaida.
Si ces attaques avaient été repoussées par les forces armées nigériennes, celle de juin avait fait de lourdes pertes, avec la mort de onze soldats et de deux civils.
Le Niger reste confronté à une situation sécuritaire particulièrement difficile, marquée par les violences djihadistes qui touchent le pays depuis plusieurs années.
Le général Abdourahamane Tiani dirige le pays depuis le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023. Malgré les efforts des autorités militaires, les attaques de groupes armés continuent de représenter un défi majeur pour le régime.
Le Niger partage cette situation sécuritaire avec ses voisins du Mali et du Burkina Faso. Les trois pays, également dirigés par des régimes militaires, ont créé l’Alliance des États du Sahel (AES) afin de renforcer leur coopération, notamment sur les questions de sécurité et de lutte contre les groupes djihadistes.
Les autorités nigériennes n’ont, pour l’heure, communiqué aucun bilan officiel concernant d’éventuelles victimes ou arrestations liées à cette mutinerie. La situation demeure sous surveillance alors que les forces de défense et de sécurité poursuivent leurs opérations pour reprendre totalement le contrôle des zones concernées.

