Dans un long manifeste consacré à l’avenir de l’IA, le patron de Meta critique le choix de plusieurs entreprises de conserver leurs modèles les plus puissants sous leur contrôle. Pour lui, cette approche pourrait présenter davantage de risques qu’un système ouvert.
Mark Zuckerberg estime notamment qu’il n’existe pas une intelligence artificielle capable de répondre aux attentes de l’ensemble de l’humanité. « Il n’existe pas de superintelligence unique et bienveillante », écrit-il, estimant que maintenir les modèles les plus avancés sous le contrôle exclusif de quelques entreprises pourrait constituer « le scénario le plus dangereux ».
Meta revient aux modèles ouverts
Après avoir mis en retrait cette stratégie fin 2025, Meta relance donc ses modèles ouverts. Le groupe avait déjà connu un certain succès avec sa famille de modèles Llama, avant de revoir ses ambitions face aux performances de ses concurrents.
Meta a notamment présenté lundi Muse Glimmer, un modèle suffisamment léger pour fonctionner sur un ordinateur personnel. Ses paramètres internes peuvent être téléchargés et modifiés par les utilisateurs, contrairement aux modèles fermés utilisés notamment par ChatGPT et Claude.
Une version ouverte de Muse Spark 1.2, présenté comme le modèle le plus performant de Meta, doit également être proposée prochainement.
Cette décision intervient alors que des entreprises chinoises comme DeepSeek et Alibaba, avec ses modèles Qwen, ont pris une longueur d’avance dans le secteur des modèles ouverts depuis 2025.
Zuckerberg critique les restrictions
Pour Mark Zuckerberg, les États-Unis doivent éviter de ralentir le développement de leurs entreprises d’IA au risque de laisser davantage de terrain à la Chine.
Le patron de Meta reconnaît toutefois que cette technologie peut être utilisée à des fins dangereuses, notamment pour préparer des cyberattaques ou développer des armes biologiques. Il propose que les entreprises américaines donnent au gouvernement un accès anticipé à leurs modèles pendant leur développement et mettent à disposition des équipes d’ingénieurs chargées de protéger les infrastructures essentielles.
En revanche, il s’oppose à des règles qui pourraient retarder la mise sur le marché des nouveaux modèles. Selon lui, les autorités ne devraient pas pouvoir empêcher leur lancement pendant une période prolongée.
Cette position contraste notamment avec l’approche européenne. Depuis l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions de l’AI Act, les grands développeurs d’IA sont soumis à un contrôle plus important des régulateurs.
Meta veut rassurer sur les risques
La stratégie de Zuckerberg intervient aussi dans un contexte délicat pour Meta. Le groupe est confronté à plusieurs procédures judiciaires aux États-Unis concernant les effets de ses plateformes sur les jeunes.
Pour tenter de renforcer les garanties autour de ses futurs modèles, le dirigeant affirme vouloir donner davantage de responsabilités au conseil d’administration de Meta dans la définition des critères de sécurité.
« Je ne pense pas qu’il soit dans mon intérêt, celui de Meta ou celui du monde, que moi-même ou quiconque décide seul du déploiement de la superintelligence », écrit-il.
Meta a également annoncé la création d’un fonds d’un milliard de dollars destiné aux communes qui accueillent ses centres de données. Le développement massif de ces infrastructures provoque en effet de plus en plus de contestations aux États-Unis.
Avec ce retour assumé aux modèles ouverts, Mark Zuckerberg entend ainsi repositionner Meta dans la course mondiale à l’IA, tout en défendant une vision qui s’oppose à celle des acteurs privilégiant des systèmes plus fermés et davantage contrôlés.

