Le chef du Kremlin s’est rendu sur l’île d’Itouroup après une étape à Ioujno-Sakhalinsk, sur l’île de Sakhaline. Selon l’agence russe TASS, il a notamment inspecté le navire amiral de la flotte russe du Pacifique avant de visiter une usine de transformation du poisson.
La réaction japonaise ne s’est pas fait attendre. Le ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a déclaré que Tokyo « proteste vigoureusement » contre cette visite.
« Les Territoires du Nord constituent une partie inhérente du territoire du Japon, tant sur le plan historique qu’au regard du droit international », a affirmé le ministre japonais, en utilisant le nom donné par Tokyo aux îles concernées.
Un contentieux qui remonte à 1945
Le différend autour des Kouriles oppose Moscou et Tokyo depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’Union soviétique avait pris le contrôle de plusieurs îles de l’archipel en 1945 et y maintient depuis une présence militaire.
Le Japon considère toujours quatre îles — Itouroup, Kounachir, Chikotan et les îlots Habomai — comme faisant partie de son territoire. Tokyo les désigne sous le nom de « Territoires du Nord ».
Depuis le début de la guerre en Ukraine, les relations entre les deux pays se sont encore détériorées. Le Japon avait notamment recommencé à qualifier ces territoires d’« occupés illégalement » par la Russie, une formulation abandonnée depuis 2003.
Une première pour Poutine
La visite de Vladimir Poutine revêt une portée particulière. Il est le premier président russe en exercice à se rendre personnellement dans les Kouriles depuis l’éclatement de l’Union soviétique.
Avant lui, Dmitri Medvedev avait effectué une visite sur ces îles en 2010, alors qu’il était président, provoquant déjà une vive réaction de Tokyo. Il y était également retourné en 2019 comme Premier ministre.
Au-delà du conflit territorial, les Kouriles présentent un intérêt stratégique et économique important pour Moscou. L’archipel dispose notamment de ressources halieutiques abondantes ainsi que de gisements d’or et d’argent.

