Le scrutin s’est déroulé alors que le Parlement est désormais dominé par le parti Tisza, formation pro-européenne arrivée au pouvoir après les dernières élections législatives. En Hongrie, la fonction présidentielle reste principalement protocolaire, l’essentiel du pouvoir exécutif étant exercé par le Premier ministre.
Un magistrat connu pour son opposition à Orban
Âgé de 73 ans, Andras Baka est notamment connu pour avoir contesté certaines réformes mises en place sous le gouvernement de Viktor Orban. Il avait dirigé la Cour suprême avant d’être écarté de son poste en 2012.
À l’époque, il avait dénoncé une réforme abaissant l’âge de départ à la retraite des magistrats de 70 à 62 ans, estimant qu’elle constituait une manière de renouveler brutalement une partie de la magistrature.
La Cour de justice de l’Union européenne avait ensuite estimé que cette réforme était contraire au droit européen. En 2014, la Cour européenne des droits de l’homme avait également donné raison à Baka, considérant que son éviction visait notamment à intimider le corps judiciaire.
Une présidence après la destitution de Tamas Sulyok
Andras Baka succède à Tamas Sulyok, considéré comme proche de l’ancien pouvoir. Son mandat avait été écourté après une modification constitutionnelle décidée par le nouveau gouvernement de Péter Magyar.
Cette décision a provoqué des critiques de plusieurs organisations de défense des droits humains. Human Rights Watch et d’autres ONG ont notamment estimé que cette éviction pouvait rappeler certaines pratiques utilisées durant les années de pouvoir de Viktor Orban pour remodeler les institutions.
Le parti Fidesz, toujours dirigé par Viktor Orban, a de son côté refusé de participer au vote, dénonçant une procédure qu’il considère comme illégitime.
Baka critique encore l’ancien système
Avant son élection, Andras Baka avait déjà dénoncé la situation politique du pays. Interrogé par l’AFP le mois dernier, il avait estimé que la destitution de Tamas Sulyok n’aurait pas dû se produire « dans un pays régi par l’Etat de droit ».
Il avait également décrit la Hongrie comme « un Etat captif sous Orban », accusant l’ancien pouvoir d’avoir voulu préserver son influence sur les institutions malgré sa défaite électorale.
Le nouveau président pourrait toutefois ne pas aller au terme d’un mandat classique. Selon Péter Magyar, il devrait exercer ses fonctions pendant la période consacrée à la réécriture de la Constitution, un processus qui pourrait durer entre un an et un an et demi.
Le nouveau gouvernement prévoit d’entamer les consultations sur cette réforme dès le mois prochain.

